
David Servan-Schreiber Anticancer : aliments anticancer, le thé vert
Les aliments anticancer
De nouvelles approches existent pour aider le corps à maximiser sa santé et à lutter contre le cancer.
David Servan-Schreiber décrit des méthodes naturelles de soins qui contribuent à prévenir le développement du cancer ou à favoriser son traitement en accompagnement des approches conventionnelles (chirurgie, radiothérapie, chimiothérapie).
Dans son livre, il présente une alimentation anticancer, et propose une assiette type. Le thé vert fait partie de ces « alicaments » : aliments anticancer.
Le thé vert bloque l’invasion des tissus et l’angiogenèse
Le thé, par exemple, qui pousse dans des climats particulièrement humides, contient de multiples polyphénols nommés catéchines. Parmi ces dernières, l’épigallocatéchine-3-gallate – ou EGCG – est une des molécules nutritionnelles les plus puissantes contre les mécanismes nécessaires à l’invasion des tissus et la formation de nouveaux vaisseaux par les cellules cancéreuses. Elle est détruite lors de la fermentation nécessaire à la fabrication du thé noir, mais elle est présente en abondance dans le thé resté « vert » (non fermenté). Après deux ou trois tasses de thé vert, l’EGCG est largement présente dans le sang et se répand dans tout l’organisme à travers les petits vaisseaux capillaires qui entourent et nourrissent chaque cellule du corps. Elle se pose à la surface de ces dernières et s’encastre dans les interrupteurs (les « récepteurs ») dont la fonction est de donner le signal qui permet l’invasion des tissus par des cellules étrangères, comme les cellules cancéreuses. L’ECGC est aussi capable de bloquer les récepteurs qui déclenchent la création de nouveaux vaisseaux. Les récepteurs ne répondent plus aux commandes que leur envoient les cellules cancéreuses – via les facteurs d’inflammation – pour envahir les tissus voisins et fabriquer les nouveaux vaisseaux nécessaires à la croissance des tumeurs.
Richard Béliveau et son équipe ont testé, dans leur laboratoire de médecine moléculaire à Montréal, les effets de l’EGCG du thé vert sur plusieurs lignées de cellules cancéreuses. Ils ont observé qu’elle ralentissait considérablement la croissance des cellules de la leucémie, du cancer du sein, de la prostate, du rein, de la peau et de la bouche.
Le thé vert agit aussi comme un détoxifiant de l’organisme. Il active des mécanismes du foie qui permettent d’éliminer plus rapidement les toxines cancérigènes de l’organisme. Chez la souris, il bloque même l’effet des cancérigènes chimiques responsables des tumeurs du sein, du poumon, de l’œsophage, de l’estomac ou du côlon.
Enfin, son effet est encore plus frappant lorsqu’il est combiné à d’autres molécules couramment présentes dans l’alimentation en Asie. Par exemple, lorsque le thé vert est combiné au soja. Le laboratoire de nutrition et métabolisme de Harvard a montré chez la souris que la combinaison thé vert + soja multipliait les effets protecteurs de chacun pris séparément, et ce, autant pour les tumeurs de la prostate que pour les tumeurs du sein. Les chercheurs concluent leur article : « Notre étude suggère que la combinaison phytochimiques du soja + thé vert pourrait être utilisée comme un régime alimentaire potentiellement efficace pour inhiber la progression du cancer du sein oetrogène-positif [le plus courant]. » Dans le langage extrêmement prudent qui caractérise les articles scientifiques sur le cancer (ainsi que le style des chercheurs de l’université de Harvard), ce sont des mots lourds de sens.
Thé vert et radiothérapie :
Il n’y a pas beaucoup d’options thérapeutiques pour les enfants qui souffrent d’une tumeur au cerveau. La radiothérapie, utilisée avec les adultes, est souvent trop dangereuse pour leur cerveau en plein développement. Mais les cellules du médulloblastome de l’enfant sont beaucoup plus sensibles à des doses très faibles de radiothérapie si elles on d’abord été « sensibilisées » au traitement par les molécules actives – et parfaitement inoffensives – du thé vert. (Les molécules actives du thé vert augmentent l’effet de la radiothérapie sur des cellules de tumeur cérébrale en les « sensibilisant » aux radiations.)
David Servan-Schreiber Anticancer : Prévenir et lutter grâce à nos défenses naturelles
Réponses, Robert Laffont
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